Zusammen

Année-franco-allemande

Zusammen*Ensemble

Datum : 24/01/2013
Ort : Institut Français Berlin
Kurzbeschreibung : Tour de chant franco-allemand avec le comédien allemand Wolfgang Pissors et la pianiste française Isabelle Serrand autour des oeuvres de Prévert & Kosma côté France, Brecht & Eisler côté Allemagne pour une heure 15 de musique, de poésie et de rencontres autour de ces auteurs et compositeurs qui se connaissaient…

Spectacle en Allemagne : Berlin, Dresde, Leipzig, Hanovre, Düsseldorf, Köln, Bonn, Mainz, Tübingen.

Ce programme est également joué au Goethe Institut de Paris

Zusammen* Ensemble

Avec : Wolfgang Pissors, chant
Dates et Lieu : Goethe-Institut – 17 avenue d’Iéna, 75116 Paris – Les 28 et 29 janvier 2013 à 20h
Durée du spectacle : environ 1 heure 15
Informations : Tél +33 1 44439230 – Site internet du Goethe-Institut
Entrée libre, réservation conseillée

Zusammen* Ensemble, c’est une histoire de rencontres : Bertolt Brecht et Hanns Eisler à Berlin, Jacques Prévert et Chistiane Verger puis Jacques Prévert et Joseph Kosma à Paris, Kosma qui fut l’élève d’Eisler et le pianiste de la troupe ambulante de Brecht avant d’arriver à Paris.

Nous avons voulu mettre à la fois en relation et en perspective ces différents duos de poètes et musiciens, reliés non seulement par leur talent et leur amitié mais aussi par le profond engagement auquel ils sont restés fidèles toute leur vie durant : chacun à sa manière, avec humour ou gravité, s’est fait l’écho d’une certaine misère et a désiré œuvrer pour un monde meilleur. Des thèmes communs circulent d’un auteur à l’autre dans des langues poétiques et musicales différentes ; ce va-et-vient constant entre Paris et Berlin souligne les spécificités stylistiques et, en même temps, met en lumière le lien et la force des propos qui n’ont rien perdu de leur actualité.

Dans ce spectacle musical et théâtral, la rencontre entre ces différents auteurs crée un climat, une écoute, un regard nouveaux sur ce répertoire. Et l’alternance de textes pleins d’humour et de légèreté et de réflexions plus graves et profondes sur la condition humaine est comme le reflet de nos âmes perpétuellement ballotées entre la légèreté et le sérieux, la joie et la souffrance.

C’est un spectacle pour un comédien-chanteur, une pianiste, un piano.

Kosma, Eisler, Prévert, Brecht, Verger, Weill,
Paris-Berlin 1925-1950

Dès 1930, alors qu’Hanns Eisler commence à collaborer avec Bertolt Brecht, il enseigne à un jeune compositeur et chef d’orchestre hongrois : Joseph Kosma. Après trois ans de vie berlinoise, durant lesquelles il rencontre notamment Brecht et Weill, Kosma s’exile à Paris et se fixe sur le sol français (1933) où il rencontre Prévert, dont il deviendra le compositeur privilégié – et qui lui fait connaître Carné (pour lequel il écrira de nombreuses musiques de film).

Né en Hongrie et y ayant vécu jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans, Kosma est considéré comme l’un des plus grands compositeurs français de musique de film et de chansons françaises (sur des poèmes de Prévert) ; il n’a pourtant été naturalisé français qu’en 1949. Étant d’origine juive, il avait dû passer la guerre caché dans une maison du Sud de la France, où il travaillait clandestinement à ses compositions en compagnie de Prévert, Carné et du décorateur Trauner, lui aussi clandestin.

Si l’on connaît bien, en France, les œuvres de Weill et sa collaboration avec Brecht (notamment l’Opéra de quat’sous et Mahagonny), on est moins familier de la musique de Eisler, de ses chansons sur des poèmes de Brecht, avec qui il commence à travailler dès 1930 et dont il partage l’engagement politique et les réflexions esthétiques. Cet ancien élève de Shoenberg a résolument choisi de tourner le dos à la voie tracée par son maître – la musique sérielle – pour s’adresser à un public plus large et mettre sa musique au service d’une critique sociale et politique. Simplicité ne signifie pas facilité et Eisler a développé un style à la fois très personnel et moderne, bien que toujours ancré dans la tonalité.

Eisler et Brecht ainsi que K Weill ont dû aussi quitter l’Allemagne dès 1933 et se sont retrouvés
aux Etats-Unis, où ils ont continué leur carrière en attendant de pouvoir revenir en Europe après la guerre.

Eisler, Kosma, Brecht, Prévert sont reliés par ce fil de talent, d’amitié et aussi, surtout, par le profond engagement auquel ils sont restés fidèles toute leur vie. Chacun à sa manière a milité activement et s’est fait l’écho d’une certaine misère, s’est tourné vers les plus vulnérables et a voulu, profondément, participer à un changement de société. Poètes et musiciens nourris de culture classique, ils ont battu en brèche les conventions d’écriture, chacun dans un style particulier, et dans le contexte artistique propre à chaque
pays : La Nouvelle Objectivité, à Berlin, faisant suite et en opposition à l’Expressionnisme, prônant un style sobre et distancié, le mouvement surréaliste en France qui a marqué profondément l’œuvre de Prévert en dépit de sa rupture avec André Breton en 1930 et de son engagement dans le groupe Octobre.

Christiane Verger, amie d’enfance de Prévert, a mis en musique un certain nombre de ses poèmes, dès 1926, notamment des poèmes surréalistes. Si certaines chansons sont connues, car elles ont été chantées par les frères Jacques et Yves Montand, d’autres tout aussi originales et poétiques restent à découvrir.

Isabelle Serrand et Wolfgang Pissors